Ballade de Geek à HuaQiangBei – Episode 2

Les marchés de telephones mobiles “chinois”

De retour à Shenzhen après une journée à Wenzhou (Province du Zheijiang), je decide de faire un tour rapide au niveau d’un des nombreux marchés de téléphones mobiles chinois couramment appelés “téléphones chinetocs” en Cote d’Ivoire ou “chinoiseries” au Burkina Faso. En effet, à chaque sejour, je ne manque jamais l’occasion de passer voir les nouveautés mais surtout apprécier ainsi à ma façon les niveaux de créativité des ingénieurs et techniciens chinois de ce domaine.

A HuaQiangBei, il existe de nombreux marchés de telephones locaux. La plupart sont spécialisés pour la vente en gros. Généralement sur 3 ou 4 niveaux, ils regroupent aussi des boutiques spécialisées pour les accessoires meme si ceux-ci ont aussi des marches speciaux. On trouvera ainsi des bâtiments entiers qui ne vendent que des housses, des chargeurs, des écouteurs et j’en passe.

LongshengJ’ai décidé pour cette visite rapide de faire un tour à Longsheng Mobile phone and Accesories City. Celui-ci est de loin l’un des plus fournis et des plus fréquentés par les grossistes de tous horizons. C’est surtout l’endroit à Huaqiangbei ou on a le plus de chances de croiser des “étrangers” après le SEG Plazza Building.

Quand on rentre dans l’un des bâtiments de Longsheng ( il y en a environ une demi douzaine) on est tout de suite face à des échoppes et une cohue incroyable. Entre les va-et-vient incessants des marchands et des clients, il y a les livreurs de marchandises, les livreurs de nourriture ( la plupart des vendeurs mangent sur le pouce directement a leur étal) et les immanquables agents de sécurité dont le nombre varie suivant le bâtiment et le niveau. A Longsheng on trouve des vendeurs de copies de téléphones de marques. On trouve ainsi plusieurs types de téléphones chinois:

  • les clones 1:1: ces telephones sont des répliques quasi exactes des modèles originaux. Ces copies ont atteint une certaine perfection maintenant, Android aidant. Par exemple de superbes copies iPhone, Samsung Galaxy, HTC et Nokia Lumia existent avec des interfaces tellement bien faites qu’elles échappent tout de suite a un oeil non averti.
    Nokia Lumia 920 - 1:1 clone

    Nokia Lumia 920 – 1:1 clone

    En effet, l’aisance avec laquelle les ingénieurs chinois ont apprivoisé Android leur permet de reproduire facilement une interface iOS ou WindowsPhone 8 au dessus du système Android 4 dont ils doteront leur clone. Il y a encore 3 ou 4 ans, un tel niveau de qualité n’existait pas encore. De belle facture ils sont facilement vendus à partir de 800 RMB (66.000 CFA) pour les smartphones les plus récents. Certains se targuent d’être des copies de Taiwan et sont vendus même plus de 1000 RMB (surtout les smartphones HTC)

  • les copies grossières. Ces téléphones sont faits exprès pour être bon marché. Vendus de 40 à 80 RMB (3200-6400F CFA) ce sont des copies d’anciens téléphones d’entrée de gamme de Nokia (1100, 3100,1110), Samsung, Motorola. Certains sont fabriques à partir des “cartes mères” récupérées sur ces anciens modèles qui devaient aller à la casse. Souvent aussi ce sont des surplus de composants non utilisés ou rejetés au niveau du contrôle de qualite. Ce qui explique peut-etre ces couts bas.

    Clones de Smartphones

    Clones de Smartphones

  • les marques chinoises: ce sont le plus souvent des téléphones d’excellente qualité fabriquées par des marques connues à l’international ou seulement en Chine. La plupart des géants de l’audiovisuel, de l’informatique et des télécommunications ont leurs marques de téléphones mobiles et smartphones et proposent des modèles plutot de bonne facture. Ceux-ci sont surtout faits pour le marche local chinois ou d’Asie du Sud Est ou de fortes communautés chinoises resident. On pourra ainsi citer: Huawei, Zte, Anycall (produit samsung pour la chine), Dopod, Haier, Meizu (superbe clone de iPhone qu’il devance sur certaines fonctions) Lenovo, Malata, Hisense, Coolpad…. D’ailleurs Huawei vient d’ouvrir sa première boutique dédiée aux smartphones et tablettes numériques sur HuaQiangBei.
  • les fashion/design phones: cette gamme de téléphones chinois apparue il y a environs 3 ans regroupe des “delires” de designers des fabricants chinois de telephones mobiles. On retrouver toutes sortes de formes et de modeles: téléphones mobiles en forme de montres, de voitures, de pommes, de briquets…
    Mini Fashion / Design phones

    Mini Fashion / Design phones

    Des minis téléphones arborant les marques de luxe connues, des telephones en forme de poupées chinoises ou hello kitty, et j’en passe. On y fait souvent des découvertes étonnantes. Il y a 2 ans j’y ai acheté un telephone aussi grand qu’une boite d’allumettes mais prenant 2 Cartes SIM. Tres discret il était doté de fonctions surprenantes comme la lecture vocale du numero de l’appelant et le choix d’une ambiance sonore en émettant un appel.

A Longsheng, au detour d’une échoppe on se fait presenter des nouveaux produits: des casques bluetooth multi périphériques, des chargeurs mobiles (un gadget a la mode depuis bientôt un an) de toutes tailles, formes et couleurs, des housses munies de batterie de secours, des lunettes-telephone mobile (on est encore loin de Google Glass il est vrai). On trouve aussi a chaque niveau le coin des réparateurs qui sont capables de vous réveiller n’importe quel telephone. Quelle que soit la panne, ces génies du fer a souder et du clavier n’hésitent pas à opérer directement sur une carte mère de iPhone ou un écran de Blackberry.

Tours de replication de Cartes MicroSD

Tours de replication de Cartes MicroSD

Les vendeurs de cartes mémoires côtoient aussi les vendeurs de téléphones. Maintenant que ces deux éléments sont indissociables, ces cartes TF ou MicroSD sont “fabriquées” sur place. De nombreux ordinateurs munis de dizaines de lecteurs TF tournent a temps plein pour formater ces cartes sorties d’usines et qui seront ensuite contrôlées puis identifiées pour la “garantie”.

Mais ce que je retire à chaque fois de ces petites ballades dans les allées des vendeurs de téléphones mobiles chinois, c’est l’ingéniosité et la créativité des ingénieurs chinois. A la différence d’une grande majorité, je ne voie pas toujours le chinois qui copie uniquement mais qui cherche et créé. Les nombreux centres de recherche et développement (R&D) tournent à plein régime à Shenzhen. J’en veux pour preuve ces quelques exemples:

  • le premier téléphone double-SIM a été créé et vendu en chine des la fin 2006 ( j’en ai vu avec 4 SIM fonctionnant toutes en même temps). Tous les grands fabricants s’en sont détournés pour finalement commencer à adopter puis améliorer cette fonctionnalité originale qui séduit tant en Inde et en Afrique.
  • le premier telephone chinois que j’ai vu avec une fonction de synthèse vocale c’était en 2006 déjà, il était de la marque MALATA. Il était encore basique et plein de bogues mais était suffisamment original pour que cette fonction soit remarquable.
  • la premiere montre-telephone jamais fabriquée l’a été en chine. Je me souviens en avoir acheté en 2009. Elle était assez imposante mais fonctionnait correctement, disposait d’une batterie de près de 6 heures, d’un appareil photo, de synthèse vocale, de bluetooth et d’un répertoire de 1000 contacts.  Depuis quelques temps, tous les grands fabricants lorgnent du cote d’un smartphone à porter au poignet.
  • de nombreux téléphones Sagem, Alcatel et Phillips/Xenium (marques aujourd’hui en perte de vitesse) ne sont que des modèles “chinois” rebrandés pour l’international avec une meilleur contrôle qualité.
SEG Plazza Entrance

SEG Plazza Entrance

A HuaQiangBei, on trouve aussi heureusement des boutiques pour téléphones mobiles originaux et de marques internationales qui nous sont connues hors de Chine. Et ce sont les plus nombreuses. Les chinois aussi sont très friands des produits Apple (Pinguo en mandarin)

A bientôt pour une autre ballade à HuaqiangBei.

Ballade de Geek à HuaQiangBei – Episode 1

Le marché des tablettes Tactiles

A l’occasion d’une énième mission en Asie, je passe par Shenzhen (Chine), le paradis du Geek amateur de gadgets en tous genres que je suis et que je visite au moins 2 fois par an depuis fin 2005.

J’essaierai de partager une petite visite au Marché des Tablettes Tactiles de HuaqiangBei, le quartier commerçant HighTech de Shenzhen.

La ville de Shenzhen (En chinois, 深圳)

Shenzhen

Shenzhen

Pour ceux qui ne connaissent pas vraiment la Chine, Shenzhen est une ville située dans le Sud du pays, dans la Province du Guangdong, voisine de Hong-Kong et d’environs 10 millions d’habitants. Ancien village de pécheurs, son essor a commencé avec son érection en Zone Economique Spéciale (SEZ – Special Economic Zone)  le 1er Mai 1980 suivant le virage économique de la Chine. Cette ville que j’aime appeler forêt de gratte-ciels est devenue célèbre avec ses nombreuses usines High-tech dont parmi les plus célèbres, Foxconn, le fabricant choisi par Apple de fabriquer ses iPhone, iPad et iPod depuis déjà de nombreuses années. Souvent désignée comme l’atelier high-tech mondial,  elle abrite aussi les sièges et centres de R&D des géants chinois des télécoms que sont ZTE et Huawei qui y disposent de campus. Shenzhen compte aussi de nombreuses zones d’activités spécialisées : High-tech Park, Industrial Park…. Cette ville a bénéficié d’investissements massifs étrangers principalement de Taiwan, du Japon et des Etats-Unis d’Amérique.

Ce qui m’intéresse ici, c’est le Quartier de HuaqiangBei. Ce quartier situé pas trop loin de la frontière avec Hong-Kong (LuoHu)  dans le district de Futian est le centre commerçant High-tech par excellence de la Chine. Il existe d’autres zones semblables ailleurs en Chine, mais aucune n’est aussi dynamique, vivante et représentative que HuaqiangBei. En son centre trône le gigantesque Gratte ciel SEG Plazza avec plus de 10 étages de boutiques/échoppes et 40 étages de bureaux et ateliers.

Le reste du quartier se compose de nombreux bâtiments/marchés. Entre autres :

–       marchés de téléphones mobiles chinois

–       marchés d’accessoires de téléphones mobiles

–       marchés de gadgets high-tech

–       marché des baladeurs numériques

–       marchés de la vidéo surveillance

–       marchés de la sécurité électronique : contrôles d’accès, alarmes

–       marchés des composants électroniques

–       marchés des tablettes

–       marchés des produits informatiques (micro, laptops, périphériques…)

–       marchés des consommables informatiques

Chacun de ces marchés il faut le noter couvre généralement au moins un bâtiment de 4 niveaux.  Certains couvrent carrément un bloc entier.

“Shenzhen communication Market”– Marché des tablettes tactiles.

Electronic Communication Market - Tablet MArket, Huaqiangbei

Electronic Communication Market – Tablet Market, Huaqiangbei

C’est ici que j’ai pour la première fois acheté une tablette tactile « made-in-china » en 2009. C’était un modèle 7″ plein de bugs mais révolutionnaire, qui tournait avec Android 1.6 et disposait de ports mini-usb.

Généralement, au marché on trouve des commerçants qui se fournissent auprès d’usines OEM/ODM ou les représentent.  Lorsqu’on souhaite une quantité importante avec de la personnalisation, on peut alors contacter directement l’usine et pousser la discussion plus loin. Le plus souvent les usines se trouvent dans l’un des multiples parcs industriels qui se trouvent en ville ou dans la proche banlieue de Shenzhen (Baoan, Longgang, Longhua….).

De nombreux visiteurs étrangers fréquentent ce marche. La plupart des marchands disposent alors d’une calculatrice pour rapidement donner le prix en ReMinBi (Yuan – CNY, la monnaie chinoise. 1RMB vaut environs 80 F cfa au 21.06.13). Pour les commandes en quantités, les prix pourront être discutes directement en Dollars US.

Le marché est composé de vastes salles dont les murs sont tapissés de boutiques et tout l’espace intérieur occupé par des échoppes ou les commerçants exposent directement leurs produits. On trouvera ainsi pêle-mêle des tablettes tactiles, des Smartphones (surtout à grand écran dans le style « phablet »)

Echoppe de Tablettes numériques

Echoppe de Tablettes numériques

La plupart proposent presque tous les mêmes produits. Et surtout à chaque période il y a un modèle phare qui est proposé par tous. En ce moment, tout le monde est à Android 4.2 pour les tablettes, 1Go de RAM et un processeur Cortex A13 a 1.9ghz. Ce sont les caractéristiques standard que chaque usine utilisera comme base pour son offre du moment.

A partir de la, l’offre est très diverse :

–       7″, 8″, 9″, 10″ et même du 11″.

–       Ports mini USB, 3G, Dual boot Android / Windows.  J’ai rencontré pour la première fois une telle tablette dual boot il y a un an. C’est avec plaisir que j’ai vu Samsung dévoiler son offre Ativ Q avec cette fonction originale.

–       Ecran IPS, HD, Active, Capacitive.

Echoppe de Laptops

Echoppe de Laptops

On trouve aussi de nombreux produits que je qualifierai d’exotiques:

  • des tablettes multicolores
  • des tablettes avec tuner TV intégrée (une antenne télescopique est meme présente)
  • des tablettes “slide” avec un clavier coulissant
  • des tablettes 3G/4G avec fonction téléphone incluse
  • des Laptops Android, Windows Mobile et de nombreuses copies de MacBook Air sous Windows XP, Vista et 7.

Aux étages supérieurs ( il yen a 3) on trouvera des échoppes pour les accessoires et composants pour tablettes ( housses, supports, chargeurs, cartes mémoires, écrans, batteries), des ateliers de réparation et des bureaux.

Bref, au marché des tablettes, on peut avoir tout ce qu’on veut. Il suffit de décider jusqu’à combien on veut mettre sur la table. D’ailleurs on n’est pas surpris d’y retrouver des tablettes tactiles qu’on retrouve ailleurs sous des marques plus connues. Il faut savoir qu’on fait beaucoup d’OEM et d’ODM.

De façon plus pratique, on trouvera une tablette tactile vraiment basique a un prix aussi bas que 30 Dollars US. Mais à ce prix, il faudra comprendre qu’on aura à faire à un produit qui a été fabriqué avec des composants de qualité moyenne et qui n’a certainement subit aucun contrôle qualité en sortie d’usine. De plus il bénéficiera rarement d’une garantie.

A bientôt pour d’autres petites visites à HuaqiangBei.

Vive le Logiciel Libre, mais Merci aux Logiciels Propriétaires

J’ai souvent participe à de nombreux échanges sur le récurrent débat quand au choix  Logiciels Libres / Logiciels Propriétaires. J’ai donc fini par éprouver le besoin de livrer mon avis sur cette question en me basant sur ma propre expérience que je partage en 3 grandes périodes: Avant 2000, de 2000 a 2010 et à partir de 2010.

 

Avant 2000

J’ai personnellement découvert l’informatique à travers des solutions propriétaires. D’abord les systèmes d’exploitation qui encore multiples avant la fin des années 80 se sont réorganisés pour laisser quelques grandes familles liées à des éditeurs précis:

  • mini et mainframes: systèmes UNIX( BSD, AIX, HP/UX, SunOS, SOLARIS, Linux…) VMS (DEC, HP, VAX…) IBM (OS/360, OS/390, OS/400…)
  • micro: MS-Dos, Windows, MacOS, Linux

Avec le boom de l’informatique personnelle dans les années 1980 avec surtout la sortie du Compatible PC de IBM, le PS/2, le système d’exploitation MS-DOS a pris de l’ampleur. Au milieu des années 1990, les Compatibles PC commencent à dominer le marché des micro ordinateurs personnels avec les systèmes d’exploitation de  Microsoft, MS-Dos et Windows qui essaie d’apporter aux PC la convivialité d’une interface graphique déjà appréciée chez les utilisateurs de machines Apple, MacIntosh.

La plupart des micro ordinateurs sont alors livrés avec le système d’exploitation: le couple Ms-DOS/Windows pour les Compatibles PC et Mac System X pour les Apple MacIntosh. Les autres micros ordinateurs, Commodore Amiga, Atari ST/E/F qui ne sont pas Compatibles PC sont livrés avec des systèmes d’exploitation propriétaires pour la plupart.

Les grands éditeurs sont alors de très grandes sociétés qui embauches des centaines voir des milliers d’ingénieurs pour travailler sur des solutions logicielles et/ou matérielles qui vont définir l’avenir de l’informatique personnelle mais aussi en entreprise: Microsoft, Novell, Apple, Oracle, IBM, Borland, Adobe, SCO, Sun, Symantec, CA, CISCO….

 

Pour les différents logiciels, ce sont encore les éditeurs qui proposent des ensembles pour la bureautique, le graphisme ou d’autres utilisations précises de ces nouveaux outils. Mais les communautés de développeurs se forment puis grandissent et des petits programmes sont distribués sous principalement 2 formes:

  1. shareware (partagiciel): les logiciels sont proposes à l’utilisation pendant un moment donne avec souvent des fonctionnalités limitées ou réduites. Pour avoir une version complète et définitive il faudra s’acquitter d’un montant généralement peu élevé.
  2. freeware (gratuitciel): les logiciels sont gratuits mais souvent truffes de publicités ou d’invitations a contribuer volontairement a financer le développeur.

Les principaux éditeurs ne restent pas inactifs et proposent pour la plupart des versions d’essai de leurs grands titres. Ainsi on peut utiliser la version complète d’un logiciel mais pendant une période limitée au bout de laquelle il faut en faire l’acquisition pour pouvoir continuer à en profiter.

C’est aussi en ce moment que le système d’exploitation Linux, sous licence GNU apparait dans le monde de la micro informatique et commence son ascension fulgurante. Richard Stallman et Eben Moglen, les premiers rédacteurs de la GNU GPL et grands prêtres des Logiciels Libres ont ainsi créé un nouveau front contre les éditeurs de logiciels propriétaires. De nombreux développeurs et passionnés s’engouffrent alors dans cette faille et mettent en place alors une communauté qui s’en va grandissant.

Les logiciels Libres sont d’abord une affaire de passionnés avant que l’engouement général ne s’approprie ce qui est devenu une philosophie. Avec en plus le développement d’internet, les échanges au niveau de la communauté deviennent plus faciles et surtout plus rapides. La collaboration qui se limitait au niveau des centres R&D des éditeurs s’étend maintenant au monde entier. La position géographique ou la nationalité n’empêchent pas des projets de naitre et se développer. Les logiciels libres commencent à s’attaquer à tous les types de logiciels qui étaient encore sous peu les domaines réservés de grands éditeurs.

 

De 2000 a 2010

Internet se développe à très grande vitesse. Les anciens BBS qui étaient utilisés pour les échanges de logiciels entre passionnés sont rapidement supplantes par le Peer-2-Peer qui permet de télécharger directement un fichier à partir d’un autre ordinateur d’un utilisateur connecté à Internet. La communauté du Logiciel Libre profite énormément de ce boom d’internet pour atteindre le maximum d’utilisateurs de l’outil informatique. Le système d’exploitation Linux, encore peu orienté utilisateur standard commence à faire une entrée remarquée dans les entreprises. Les grands éditeurs de solutions commerciales commencent à développer (porter) leurs principaux produits sur le nouveau système.

De plus au niveau de Linux, les nombreuses variantes qui sont appelées Distributions parties du monde du Libre se font pour certaines des versions obéissant aux conditions des Logiciels Propriétaires. Des versions estampilles “Entreprise” sont commerciales et des versions dites OPEN restent dans la ligne des Logiciels Libres avec souvent une fois de plus des modifications au niveaus des licences. Par exemple: Redhat deviendra RedHat Enterprise et Fedora, Suse donnera Suse Enterprise et OpenSuse…..

Au niveau du poste client, c’est le boom incontesté de Microsoft et de son Système Windows dont l’énorme succès de la version 95 lui permet au fil des ans et de pratiques pas toujours conventionnelles de dominer largement l’environnement de la microinformatique. Apple quand a lui fait une traversée du désert et ne recommence a pointer qu’au retour d’un certain Steve Jobs au début de la décennie 2000. La décennie 2000-2010 voit le boom du logiciel libre qui se répand dans toutes les catégories autant pour une utilisation personnelle qu’une utilisation en entreprise: système d’exploitation, suite bureautique, progiciels, multimédia, internet, graphisme, serveurs, sciences… De nombreuses listes de correspondances Logiciels Libres – Logiciels proprietaires existent d’ailleurs.

L’apprentissage de l’outil informatique dans les pays sous développés devient une cause des grands organismes internationaux et naturellement le PC sous Windows fait son entrée dans des centres communautaires, des écoles et centres de formation autant en Afrique qu’ailleurs ou ceci n’était pas encore le cas. En Afrique de l’Ouest c’est le développement des grandes écoles professionnelles privées qui en majorité intègrent l’outil informatique dans leurs cursus. C’est encore une fois l’Informatique a la sauce “Logiciels Propriétaires” qui connait une expansion.

 

A partir de 2010

Internet dans son usage évolue énormément. L’ère est aux réseaux sociaux et a un éclatement/partage des ressources. De plus, l’utilisation traditionnelle de l’ordinateur personnel qui est devenu surtout portable tend a se déporter vers les nouveaux périphériques mobiles par excellence: les téléphones intelligents ou smartphones et les tablettes tactiles ou Tablets. C’est le grand retour de solutions propriétaires qui se cachent derrière des solutions libres: il est désormais très courant de voir que chaque grand éditeur pour ne pas rester en marge de cette philosophie du Libre, “offre” l’un de ses produits a la communauté bien sur en trouvant un compromis sur sa licence qui n’est pas pas vraiment GNUGPL. Ainsi d’autres grands noms ont défini d’autres types de licences qui bien que faisant partie de la grande famille du logiciel libre ne sont pas pour autant conformes a l’idée originelle du GNU GPL.

De plus le développement de l’informatique mobile a vu l’apparition de nouvelles plateformes combinant systèmes d’exploitations et banques de logiciels ou applications: iOS / AppStore, Android / Google Play , WindowsPhone / MarketPlace. Meme si ces depots d’applications, regorgent de nombreuses applications gratuites, il faut reconnaitre que celles qui sont distribuées sous licence libre sont très très rares.

Alors, faut-il craindre un coup d’arrêt au développement du Logiciel Libre pour l’utilisation personnelle? Ce serait prématuré de se prononcer ainsi. Le logiciel libre s’efforce de proposer une alternativeaux systèmes d’exploitation mobiles. Et surtout, le système Linux continue son avancée au niveau des systèmes serveurs en Entreprise.

Dans les pays en développement, il faut reconnaitre que les énormes améliorations au niveau de l’ergonomie, la simplicité et la robustesse des systèmes d’exploitations Libres, Linux en tête en font une alternative sérieuse que de nombreuses institutions (écoles, administrations) n’hésitent plus a choisir autant pour les serveurs que les postes clients. De plus il faut noter un cout de déploiement souvent beaucoup plus bas.

Les Logiciels Libres accompagnent indiscutablement le développement de l’informatique donc d’Internet depuis leur apparition. Seulement il faut reconnaitre aux Logiciels Propriétaires leur caractère de pionnier et de référent. D’ailleurs certaines solutions propriétaires ont nécessite une telle débauche de ressources pour leur développement que pour le moment elles ne peuvent simplement pas avoir d’équivalent en Logiciel Libre.

Alors, Vive le Logiciel Libre, mais Merci aux Logiciels Propriétaires.