Le Geek nomade et l’internet Mobile

Récemment, lors d’un voyage Dubai-Paris, alors que le commandant de bord annonçait l’atterrissage, je m’empressais de changer mes SIM dans “mes” smartphones; mon voisin, un quinquagénaire grisonnant me regarde avec un sourire en coin et me demande ce que je fais avec autant de “puces” et de “téléphones”. J’ai juste eu le temps de lui dire que je voyageais souvent et qu’il m’était difficile de ne pas être connecté où que je fus.

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Le Geek et son matériel

Quand je voyage, j’ai le minimum de gadgets dont je ne peux me séparer. Sans eux, je me sens “nu”. Je pense que je dois toujours être capable de répondre à un mail, envoyer un mail, faire une photo ou une vidéo. Je me donne souvent un délai maximum d’une heure pour pouvoir être “online” ceci bien sûr en dehors des heures passées dans l’avion ou des périodes de “OFF” que je m’accorde (si si, ça arrive).
Ainsi, et depuis bientôt une dizaine d’années, j’ai toujours un Laptop à portée de main quelque soit l’endroit où je vais. Et aussi un smartphone depuis mon QTEK 9090 sous Windows CE en 2005 ou 2006.
Mais depuis bientôt 3 ans, mon sac de Geek contient toujours au moins:
– 1 laptop (Macbook Pro)
– 1 tablette (iPad) essentiellement pour lecture et accessoirement emails et réseaux sociaux
– 2 smartphones dont l’un reservé uniquement à mes voyages
– 1 feature phone généralement Dual ou Tri SIM
– 2 clés USB, 1 disque externe USB
– lot de câbles: usb, firewire, ethernet
– 1 adaptateur wifi externe usb longue portée
– 1 travel charger
– 1 casque audio “noise cancelling” très utile en avion
– batterie externe de secours
– 1 appareil photo numérique Nikon D3100
– mon lot de cartes SIM

Suivant le type de voyage et la destination je peux emporter avec moi mon imprimante portable HP Mobile Officejet 100 et mon Scanner portable pour être totalement autonome.

Ainsi paré, je suis autonome et aussi nomade que je souhaite.

Internet Mobile en déplacement

Quand je voyage, quelle que soit ma destination, il me faut impérativement être joignable dès que j’arrive. Suivant l’environnement télécoms local, je prendrai une ou deux SIM. Bien sûr je me renseigne sur les différentes offres disponibles avant chaque voyage. Ceci me permet ainsi de pouvoir rapidement me connecter une fois arrivé. Dans certains pays, on achète facilement la SIM. Dans d’autres pays, il faut montrer patte blanche. Je me souviens d’un séjour en Ethiopie en 2010 où je n’ai pu obtenir la SiM que la veille de mon départ. Ou encore en Arabie Saoudite où on m’en a offert 5 dès la sortie de l’aéroport, l’opérateur en question se trouvant en forte campagne promotionnelle.

A part certains pays (Thailande, Togo, Hong Kong….) où on peut avoir rapidement une SIM activée dès l’aéroport au Vrai coût, il faut préférer l’achat de la SIM dans une boutique agréée où l’on peut avoir certaines informations qui ne sont pas toujours disponibles en ligne. Ceci permet d’éviter de se faire avoir comme un “gaou”.
Personnellement, j’essaie d’avoir au moins 2 SIM suivant le pays où je me trouve. Cela peut paraitre difficile à gérer mais ceci me permet de maintenir une connexion mobile et une ligne téléphonique. Généralement Il se trouve qu’un opérateur est plus indiqué pour la voix et les sms et l’autre pour les données. Oui je suis geek et je garde une ligne téléphonique classique, indispensable pour les cas d’urgence.

D’aucuns trouveront ceci comme de la gymnastique mais dans mon cas je n’aime pas me faire avoir par les opérateurs avec les coûts scandaleux qu’ils facturent pour le roaming. C’est encore plus révoltant pour le roaming “data”.
la petite astuce, utilisez un iPhone, généralement vous avez suivant les opérateurs des zones où les données marchent gratuitement. Pas toujours mais souvent

Depuis bientôt un an, j’utilise aussi un petit point d’accès wifi 3G qui s’avère souvent très pratique en voyage.

Et vous, comment faites vous?

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Ballade de Geek à HuaQiangBei – Episode 2

Les marchés de telephones mobiles “chinois”

De retour à Shenzhen après une journée à Wenzhou (Province du Zheijiang), je decide de faire un tour rapide au niveau d’un des nombreux marchés de téléphones mobiles chinois couramment appelés “téléphones chinetocs” en Cote d’Ivoire ou “chinoiseries” au Burkina Faso. En effet, à chaque sejour, je ne manque jamais l’occasion de passer voir les nouveautés mais surtout apprécier ainsi à ma façon les niveaux de créativité des ingénieurs et techniciens chinois de ce domaine.

A HuaQiangBei, il existe de nombreux marchés de telephones locaux. La plupart sont spécialisés pour la vente en gros. Généralement sur 3 ou 4 niveaux, ils regroupent aussi des boutiques spécialisées pour les accessoires meme si ceux-ci ont aussi des marches speciaux. On trouvera ainsi des bâtiments entiers qui ne vendent que des housses, des chargeurs, des écouteurs et j’en passe.

LongshengJ’ai décidé pour cette visite rapide de faire un tour à Longsheng Mobile phone and Accesories City. Celui-ci est de loin l’un des plus fournis et des plus fréquentés par les grossistes de tous horizons. C’est surtout l’endroit à Huaqiangbei ou on a le plus de chances de croiser des “étrangers” après le SEG Plazza Building.

Quand on rentre dans l’un des bâtiments de Longsheng ( il y en a environ une demi douzaine) on est tout de suite face à des échoppes et une cohue incroyable. Entre les va-et-vient incessants des marchands et des clients, il y a les livreurs de marchandises, les livreurs de nourriture ( la plupart des vendeurs mangent sur le pouce directement a leur étal) et les immanquables agents de sécurité dont le nombre varie suivant le bâtiment et le niveau. A Longsheng on trouve des vendeurs de copies de téléphones de marques. On trouve ainsi plusieurs types de téléphones chinois:

  • les clones 1:1: ces telephones sont des répliques quasi exactes des modèles originaux. Ces copies ont atteint une certaine perfection maintenant, Android aidant. Par exemple de superbes copies iPhone, Samsung Galaxy, HTC et Nokia Lumia existent avec des interfaces tellement bien faites qu’elles échappent tout de suite a un oeil non averti.
    Nokia Lumia 920 - 1:1 clone

    Nokia Lumia 920 – 1:1 clone

    En effet, l’aisance avec laquelle les ingénieurs chinois ont apprivoisé Android leur permet de reproduire facilement une interface iOS ou WindowsPhone 8 au dessus du système Android 4 dont ils doteront leur clone. Il y a encore 3 ou 4 ans, un tel niveau de qualité n’existait pas encore. De belle facture ils sont facilement vendus à partir de 800 RMB (66.000 CFA) pour les smartphones les plus récents. Certains se targuent d’être des copies de Taiwan et sont vendus même plus de 1000 RMB (surtout les smartphones HTC)

  • les copies grossières. Ces téléphones sont faits exprès pour être bon marché. Vendus de 40 à 80 RMB (3200-6400F CFA) ce sont des copies d’anciens téléphones d’entrée de gamme de Nokia (1100, 3100,1110), Samsung, Motorola. Certains sont fabriques à partir des “cartes mères” récupérées sur ces anciens modèles qui devaient aller à la casse. Souvent aussi ce sont des surplus de composants non utilisés ou rejetés au niveau du contrôle de qualite. Ce qui explique peut-etre ces couts bas.

    Clones de Smartphones

    Clones de Smartphones

  • les marques chinoises: ce sont le plus souvent des téléphones d’excellente qualité fabriquées par des marques connues à l’international ou seulement en Chine. La plupart des géants de l’audiovisuel, de l’informatique et des télécommunications ont leurs marques de téléphones mobiles et smartphones et proposent des modèles plutot de bonne facture. Ceux-ci sont surtout faits pour le marche local chinois ou d’Asie du Sud Est ou de fortes communautés chinoises resident. On pourra ainsi citer: Huawei, Zte, Anycall (produit samsung pour la chine), Dopod, Haier, Meizu (superbe clone de iPhone qu’il devance sur certaines fonctions) Lenovo, Malata, Hisense, Coolpad…. D’ailleurs Huawei vient d’ouvrir sa première boutique dédiée aux smartphones et tablettes numériques sur HuaQiangBei.
  • les fashion/design phones: cette gamme de téléphones chinois apparue il y a environs 3 ans regroupe des “delires” de designers des fabricants chinois de telephones mobiles. On retrouver toutes sortes de formes et de modeles: téléphones mobiles en forme de montres, de voitures, de pommes, de briquets…
    Mini Fashion / Design phones

    Mini Fashion / Design phones

    Des minis téléphones arborant les marques de luxe connues, des telephones en forme de poupées chinoises ou hello kitty, et j’en passe. On y fait souvent des découvertes étonnantes. Il y a 2 ans j’y ai acheté un telephone aussi grand qu’une boite d’allumettes mais prenant 2 Cartes SIM. Tres discret il était doté de fonctions surprenantes comme la lecture vocale du numero de l’appelant et le choix d’une ambiance sonore en émettant un appel.

A Longsheng, au detour d’une échoppe on se fait presenter des nouveaux produits: des casques bluetooth multi périphériques, des chargeurs mobiles (un gadget a la mode depuis bientôt un an) de toutes tailles, formes et couleurs, des housses munies de batterie de secours, des lunettes-telephone mobile (on est encore loin de Google Glass il est vrai). On trouve aussi a chaque niveau le coin des réparateurs qui sont capables de vous réveiller n’importe quel telephone. Quelle que soit la panne, ces génies du fer a souder et du clavier n’hésitent pas à opérer directement sur une carte mère de iPhone ou un écran de Blackberry.

Tours de replication de Cartes MicroSD

Tours de replication de Cartes MicroSD

Les vendeurs de cartes mémoires côtoient aussi les vendeurs de téléphones. Maintenant que ces deux éléments sont indissociables, ces cartes TF ou MicroSD sont “fabriquées” sur place. De nombreux ordinateurs munis de dizaines de lecteurs TF tournent a temps plein pour formater ces cartes sorties d’usines et qui seront ensuite contrôlées puis identifiées pour la “garantie”.

Mais ce que je retire à chaque fois de ces petites ballades dans les allées des vendeurs de téléphones mobiles chinois, c’est l’ingéniosité et la créativité des ingénieurs chinois. A la différence d’une grande majorité, je ne voie pas toujours le chinois qui copie uniquement mais qui cherche et créé. Les nombreux centres de recherche et développement (R&D) tournent à plein régime à Shenzhen. J’en veux pour preuve ces quelques exemples:

  • le premier téléphone double-SIM a été créé et vendu en chine des la fin 2006 ( j’en ai vu avec 4 SIM fonctionnant toutes en même temps). Tous les grands fabricants s’en sont détournés pour finalement commencer à adopter puis améliorer cette fonctionnalité originale qui séduit tant en Inde et en Afrique.
  • le premier telephone chinois que j’ai vu avec une fonction de synthèse vocale c’était en 2006 déjà, il était de la marque MALATA. Il était encore basique et plein de bogues mais était suffisamment original pour que cette fonction soit remarquable.
  • la premiere montre-telephone jamais fabriquée l’a été en chine. Je me souviens en avoir acheté en 2009. Elle était assez imposante mais fonctionnait correctement, disposait d’une batterie de près de 6 heures, d’un appareil photo, de synthèse vocale, de bluetooth et d’un répertoire de 1000 contacts.  Depuis quelques temps, tous les grands fabricants lorgnent du cote d’un smartphone à porter au poignet.
  • de nombreux téléphones Sagem, Alcatel et Phillips/Xenium (marques aujourd’hui en perte de vitesse) ne sont que des modèles “chinois” rebrandés pour l’international avec une meilleur contrôle qualité.
SEG Plazza Entrance

SEG Plazza Entrance

A HuaQiangBei, on trouve aussi heureusement des boutiques pour téléphones mobiles originaux et de marques internationales qui nous sont connues hors de Chine. Et ce sont les plus nombreuses. Les chinois aussi sont très friands des produits Apple (Pinguo en mandarin)

A bientôt pour une autre ballade à HuaqiangBei.